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Radio Taiwan InternationalEric Chu: confiance, diversité et changement pour trouver un avenir au KMT

  • 28-09-2021
Décryptage
Eric Chu (朱立倫) a reçu un message de félicitations du président Xi Jinping (習近平) suite à son élection à la tête du KMT

Ce samedi, les adhérents membres du KMT étaient appelés aux urnes pour choisir leur nouveau président et c’est l’ancien leader du parti Eric Chu (朱立倫) qui a gagné la confiance des partisans KMT.

Quatre candidats étaient en lice : le président sortant du parti, Johnny Chiang (江啟臣) (49 ans), se présentait à sa propre succession. Trois autres candidats étaient en lice : l’ancien chef du parti de 2015 à 2016 et ancien maire du Nouveau Taipei Eric Chu (60 ans), Chang Ya-chung (張亞中), 66 ans, candidat malheureux à la primaire de 2019 pour la présidentielle de 2020 ainsi que l’ancien chef du comté de Changhua Cho Po-yuan (卓伯源) (56 ans).

Un mot d’ordre : unité
Annonçant la victoire d'Eric Chu qu'il a félicité par la même occasion, le président sortant Johnny Chiang a surtout appelé tous les adhérents du KMT à l'unité pour oeuvrer ensemble à mettre en place les politiques du parti et regagner la confiance des Taïwanais lors des prochaines échéances électorales, législatives et présidentielles. Eric Chu a de son côté épousé la métaphore sportive en remerciant les adhérents de faire de lui « l'entraineur de l'équipe KMT », s'engageant à « positionner chaque joueur pour les faire évoluer à leur poste de prédilection afin que tous brillent de leurs meilleures performances au service de toute l'équipe. »

Soulignant que la campagne électorale était finie et que les différents points de vue avaient été exprimés, parfois avec des styles et oppositions fortes, l’heure est au rassemblement pour avancer derrière celui qui a été nommé à la tête. Eric Chu a lui-même appelé à l’unité car « peu importe pour qui les adhérents ont voté, tous les candidats soutiennent le KMT. »
Même écho réitéré hier par le député Lin Wei-chou (林為洲), soutien d’Eric Chu, pour qui l’unité du parti passait nécessairement par une ligne politique inclusive et diversifiée, à l’image du style prononcé et direct de Chang Ya-chung (張亞中) arrivé 2e du scrutin à la tête du KMT et du style modéré de l’ancien président Ma Ying-jeou, tous deux membres éminents du parti. Si certains analystes parlent de risque de scission au sein du KMT, le député Lin Wei-chou y voit surtout le principe même d’une élection démocratique où toutes les voies se font entendre dans le processus électoral dans le respect de la diversité. Mais à la fin, le candidat qui l’emporte réunit toute la famille sous la même bannière derrière les objectifs communs du parti, en l’occurrence la reconquête du pouvoir.

Premières orientations de travail : confiance et changement
Parmi ses premières orientations de travail, Eric Chu a plaidé pour restaurer l’image et la confiance dans le parti KMT qui est très décrié dans l’opinion publique, surtout auprès des jeunes électeurs. Les dernières enquêtes d’opinion font part d’un taux de moins de 3% de -40 ans qui soutiennent le parti d’opposition.
Evoquant le nécessaire changement du parti, le nouvellement élu Eric Chu n’a pas concrètement décliné les modalités de ce qu’il appelle changement de son parti si ce n’est de devenir la vraie alternative au pouvoir en place qui a failli dans le renouement du dialogue avec la Chine pour le bien de l’économie taiwanaise, pour la visibilité de Taiwan sur la scène internationale également.

En outre, Eric Chu a aussi annoncé le lancement de préparatifs et tractations pour établir un bureau de représentation du KMT aux Etats-Unis car le parti n’en a plus depuis 2008, lorsque Ma Ying-jeou (馬英九) avait été nommé président de la république. Pour Eric Chu, il en va d’un équilibre sain dans les relations du KMT avec les Etats-Unis d’une part et avec la Chine d’autre part.
Quant à l’objectif des prochaines échéances électorales, le KMT souhaite évidemment redorer son blason et renverser le DPP au pouvoir lors des prochains scrutins législatifs et présidentiels mais aussi lors des référendums de fin d’année, rappelant que le parti au pouvoir avait profité de sa majorité absolue au parlement pour piétiner l’opinion des Taiwanais en ne respectant pas les résultats des référendums précédents.

Les relations interdétroit mises en avant
C’était le dossier principal des débats entre les quatre candidats. C’est aussi le cheval de bataille du parti nationaliste proche de Pékin même si l’opinion publique taiwanaise majoritaire se prononce davantage en faveur des politiques sociales économiques à l’échelle nationale.
Ne pouvant ignorer le score surprenant de Chang Ya-chung qui arrive 2e de l’élection à la tête du parti avec presque le double de soutiens que le président sortant Johnny Chiang, Eric Chu, malgré une très confortable avance en termes de voix obtenues, doit et souhaite prendre en compte toutes les voix du parti, y compris la plus pro-chinoise. Dès l’annonce des résultats, le président Xi Jinping a d’ailleurs adressé ses félicitations à Eric Chu, ce qui fait grincer des dents la majorité du DPP qui y voit un signe du retour en arrière du vieux KMT. En réponse, Eric Chu refuse de construire une politique en « sed contra », c’est-à-dire en pure opposition et négation du voisin chinois, ce qui ni sain ni réalisable.

Les observateurs estiment que l’enjeu principal d’Eric Chu sera justement celui de trouver une voie médiane qui ne froisse ni les partisans d’une reprise des échanges avec la Chine, ni les ardents défenseurs d’un horizon sans Pékin. Un équilibre à trouver notamment en s’appuyant sur de nouvelles relations avec les Etats-Unis, comme le soulignent plusieurs analystes outre-Pacifique.

 

Après confirmation des résultats qui doivent être entérinés par le Bureau du parti demain (29 sept.), Eric Chu débutera son mandat de 4 ans à la tête du KMT le 30 octobre prochain.

 

 

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